Ce matin-là, le 28 novembre 2025, le thermomètre affiche une température négative. Je m’habille en conséquence, comme pour une petite expédition : sous-vêtement thermique, jambières, sur-chaussures en néoprène, tee-shirt technique à manches longues, mini-doudoune sans manches. Buff polaire sur le cou, et surtout, mes gants de moto chauffants — les seuls capables de maintenir mes doigts en état de fonctionner.
La montée jusqu’au col de la Croix du Banc confirme la justesse de ce choix : malgré les gants chauffants, je ne qu’à peine chaud au bout des doigts. En basculant vers la descente, je remonte mon buff jusqu’au nez. Le froid pique, le vent claque, mais sous ce ciel bleu éclatant, la route qui plonge vers Pollionnay puis Grézieu est splendide.
Je rejoins l’Horloge, descends sur Vaise, longe les quais de Saône, traverse la presqu’île à hauteur de l’Hôtel de Ville, puis file le long du Rhône jusqu’au bureau. À mesure que j’approche du centre, la température repasse en positif. Je me réchauffe… un peu trop : j’arrive au bureau trempé, faute d’avoir pu enlever des couches à temps.
- Durée: 1h09
- Distance: 27,60 km
- D+ 340m
- Vitesse moyenne: 23,9 kmh

Le soir, je reprends le chemin inverse. À l’Horloge, je bifurque pour remonter vers La Tour de Salvagny en empruntant la voie lyonnaise — toujours pas terminée entre l’Horloge et la station ENI. Je roule à un rythme tranquille pour éviter la fringale : je n’ai rien à manger dans les sacoches, et je le sais. Je passe devant un camion à pizzas qui me fait de l’œil. Tentation. Mais je continue.
La petite bosse de La Tour me ramène vite à la réalité : la fringale arrive. Je ralentis, mais en ralentissant, je me refroidis. Je dois alors jongler entre économies d’énergie et maintien d’une vitesse suffisante pour ne pas geler. En journée, ça passe encore ; le soir, dans le froid, c’est une autre histoire. Par moments, je me sens mieux et je me dis que ça va le faire jusqu’à Saint-Pierre. À d’autres, je me demande si ce que je fais est très raisonnable. La bosse de Lentilly n’arrange rien : je flanche, mais je ne peux pas m’arrêter. Avec des températures négatives, ce serait la pire idée.
Je continue malgré tout. Dans la montée vers Saint-Pierre, le froid m’étreint davantage, la faim aussi. Mais j’y suis presque. À mesure que j’approche du village, je me rends compte une fois de plus de ce phénomène étrange : le corps humain est incroyable. Capable d’aller chercher des ressources insoupçonnées quand il le faut vraiment.
J’arrive enfin à la maison. J’ouvre le garage, pose le vélo sans même respecter mon petit rituel habituel — pas de détour par la buanderie, pas de rangement des sacoches. Je rentre directement dans la chaleur de la maison, engloutis tout ce que je trouve pendant cinq bonnes minutes, puis une douche brûlante plus tard, je savoure le délicieux repas préparé par ma chérie.
- Durée: 1h40
- Distance: 30,33 km
- D+ 466m
- Vitesse moyenne: 18,1 kmh
La leçon du jour
Toujours avoir de quoi manger, surtout au retour du vélotaf. Je me l’étais déjà promis l’année dernière, exactement à la même période… Côté équipement contre le froid, je suis déjà plutôt bien armé. Pour encore plus de confort, des chaussettes chauffantes seraient sans doute le complément parfait.


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