À la rencontre du géant : le Douglas le plus haut d’Europe

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L’idée de cette sortie était simple : rouler jusqu’à l’arbre le plus haut de France, un Douglas géant qui détient aussi le titre de plus haut d’Europe.
Un colosse de plus de 130 ans, planté en 1892, au moment de la construction du barrage de Renaison.
Aujourd’hui, il culmine à environ 68 mètres de haut pour 4 mètres de circonférence, une stature impressionnante.
En 2021, il a d’ailleurs été reconnu « Arbre Remarquable », un label bien mérité pour ce témoin silencieux du temps.

Des Sauvages à Renaison : une descente express

Je pars des Sauvages, le 10 novembre 2025, direction la N7 qui dévale en douceur jusqu’à Roanne.
La descente est rapide, fluide, presque euphorique : plus de 35 km/h de moyenne.
Je traverse la ville avant d’attraper la D7 vers Renaison, où la route commence à s’élever à nouveau.
Les premiers lacets du col de la Croix du Sud annoncent le décor : calme, entouré de sapins, et ce léger parfum de résine qui flotte dans l’air.

Rencontre avec un monument vivant

J’arrive au barrage de Renaison, quand un petit panneau attire mon attention: « Arbre remarquable ».
Sans cette indication, je serais probablement passé à côté de ce géant sans le remarquer.

Son tronc, massif et droit, semble transpercer le ciel.
On est loin des forêts denses de Douglas de la côte ouest américaine, mais il y a ici une force tranquille, un équilibre entre puissance et humilité.

Pour situer un peu : le Douglas, souvent appelé pin d’Oregon, appartient à la famille des pinacées. Croissance rapide, longévité pouvant atteindre 500 ans, bois brun rosé très recherché… C’est un arbre à la fois utile et majestueux.

Pourquoi mesure-t-on les arbres ?

La hauteur d’un arbre est un indicateur de fertilité du sol : plus l’arbre est grand, plus le sol contient les nutriments nécessaires à sa croissance. On évalue ainsi la santé et la vitalité de la forêt.

La plupart des arbres atteignent entre 10 et 30 mètres à maturité.
Le Douglas de Renaison, avec ses 68 mètres, joue donc dans une toute autre catégorie.

Mais même lui reste modeste face aux géants américains.

  • Record de circonférence:
    • États-Unis, 15 m, Queets Fir Queets River, mesuré par Bob Bobby Bobbington Boberson en 2023
    • France, 5,79 m, Doug le Big Foot, Abbaye, mesuré par Sisley en 2021
  • Record de hauteur
    • États-Unis, 96,80 m, Quilcene, Olympic National Park, mesuré par TheGuy en 2025
    • France, 68,90 m, barrage de Renaison, mesuré par DBZT en 2025
  • Records d’âge
    • États-Unis, 1470 ± 200 a, Silver Lake, Olympic National forest, mesuré par TheGuy en 2025
    • France, 153 a, Corcelle, Claveisolles mesuré par lapal en 2012

Pause et retour par les monts du Roannais

Je profite d’une petite pause sandwich au bord du barrage avant de repartir.
Je sais que le retour ne sera pas de tout repos : les pentes remontent vers les Sauvages.
Je choisis un itinéraire différent, plus calme, ponctué de plusieurs ascensions.
Ma trace me fait passer par le barrage du lac de Villerest, un lieu chargé de souvenirs puisque j’y suis passé lors du GravelMan Beaujolais l’année dernière.
La lumière de fin d’après-midi dore les collines, l’air devient plus frais.

Je poursuis par L’Hôpital-sur-Rhins, puis la D1082, parallèle à la N82, direction Feurs.
La route est déserte, idéale pour la longue ascension jusqu’à Neulise, puis Saint-Just-la-Pendue.
Encore quelques kilomètres jusqu’à Machezal, charmant petit village baigné par un soleil couchant.
Je rejoins la N7 sur un court segment jusqu’au col du Pin Bouchain, puis bifurque à gauche vers le col des Sauvages, mon point de départ.

Bilan de la sortie:

Distance : 110,8 km
Dénivelé positif : 1 388 m
Durée : 4 h 18
Vitesse moyenne : 25,7 km/h

Une belle journée de vélo dans la nature avec le sentiment d’avoir rencontré un véritable monument vivant, témoin silencieux de plus d’un siècle d’histoire.


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